Veille concours, écoles, cursus et orientation

L'ISD fonctionne aussi véritablement comme le premier cabinet de conseil en orientation. A ce titre, il développe littéralement des méthodes en synergie avec ses autres activités pour aider non pas comme des classes classiques de préparation à se mettre en ordre de bataille en vue d'une date, mais à réellement comprendre ce que l'on souhaite pour soi, pour le long terme ou au moins pour le moyen terme dans un environnement instable. Les cursus et les écoles changent plus rapidement : une stratégie réelle au sens d'allocation des ressources adéquate ne peut se passer d'une veille satisfaisante de la vie des institutions visées, mais aussi du niveau secondaire

Ensuite, pour suivre sur le long terme un débat, un enjeu comme pour l'approfondir en vue d'un examen ou d'un concours, l'Institut suit l'actualité des principaux enjeux contemporains, particulièrement ceux traités lors des cycles de conférences ou des enseignements.

Les contributeurs de l'ISD-Lab mettent à disposition une vue des grandes prises de position, des essais ou documents marquant l'espace public et à prendre en compte.

Enfin,  il s'agit simplement aussi d'informer des dernières nouvelles concernant les activités pédagogiques, les concours, la vie des écoles visées... pour mieux se préparer. Ici, quelques-uns des jalons clés sont mis à disposition des visiteurs non-inscrits, avec force conseils clés

  • Un cabinet de conseil en orientation pour de vraies stratégies adéquates bien au-delà d'un renforcement scolaire

  • Une veille établie systématiquement par des professeurs parties prenantes des écoles, concours et cursus visés par les candidats ou élèves

  • Des actualités suivies et une anticipation des effets des transformations et réformes des lieux de formation

  • Conduite du changement que doivent sans cesse mettre en œuvre les formateurs, professeurs, accompagnateurs comme les impétrants pour réussir

  • Une adaptabilité d'une structure hybride au service des intéressés

  • Une maximisation des chances de réussite aux sens multiples et évolutifs au cours d'une formation, d'un suivi

Le mot de l'équipe :

Le Concours commun des IEP - Sciences Po ne se prépare pas à la dernière minute, mais dans les derniers instants et le jour J, quelques bons réflexes peuvent être essentiels pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis de ses faiblesses, car tous les candidats en ont ! 

Ce qui suit ne révolutionne en rien quoique ce soit et a pour prétention de rappeler, avec quelques astuces supplémentaires issues de notre expérience, les bases pour ne pas se saborder et sortir des épreuves en ayant un sentiment essentiel : avoir le sentiment d'avoir fait ce qu'on a pu ! 

Ce mot porte in fine donc sur bien des examens ou concours…

Terminale - Bac+0 - Bac+1

Concours commun : dernière ligne droite ! 

Pour les lycéens ou les Terminales souhaitant se préparer aux cursus Sciences Po, prendre de l'avance ou simplement approcher et se déterminer sur cet avenir possible, cet été grâce aux cycles thématiques ISD :

  • L'enjeu 2025 : Fronts et frontières de la montagne aujourd'hui 

  • Les modalités : Des activités pour tous allant de conférences à des activités pratiques citoyennes utiles tant pour le dossier que pour s'approprier les questionnements soulevés dans des enseignements 

  • Les lieux : Présentiel dans plusieurs villes et / ou distanciel (voir l'offre estivale) 

Conseils aux candidats et synthèse de notre session starting-block ! Partager les bonnes pratiques, cela fait aussi partie de l'ADN de l'ISD

1 : Les révisions tu mesureras : La semaine précédant des épreuves, l'essentiel étant acquis en termes de connaissances, et si on a compris (selon son rythme) les attendus des exercices demandés, alors inutile de surcharger. Les fiches / outils de révisions sont construits depuis longtemps selon ses préférences personnelles. On s'appuie dessus et on respecte quelques moments qui pour l'actualité, qui pour des exemples de QC, ou qui pour des rappels de règles de langues écrites selon un programme établi bien à l'avance, avec un adaptation en onction de ses derniers résultats. 

2 : Les méthodes tu remobiliseras : Le concours Réseaux Sciences Po est un concours de fin de Terminale, pas de Bac+2 après une CPGE. On n'attend donc pas une érudition extrême, mais on sélectionne de bons Bac+0 ou Bac+1 qui savent problématiser, réfléchir, poser des enjeux avant tout ! Pour le reste, on a l'IA ! 

3 : Chaque exercice tu minuteras : Beaucoup ne s'entraînent jamais en temps contraint et donc ne se confrontent jamais réellement aux épreuves. Les derniers concours blancs ou exercices sont alors essentiels en ce qu'ils sont minutés, car ils doivent achever une préparation sous-jacente, réalisée à bas bruit et parfois inconsciente, une forme de conditionnement qu'on peut regretter ou critiquer mais qui fait qu'on réussit ou non à établir un angle intéressant et complet ou non en moins de 20mn pour une épreuve de 2h... Des petits exercices sont donc utiles en ce qu'ils conditionnent au respect du temps d'épreuve. 

4 : Au repos tu t'obligeras : Si on veut aller loin, il faut ménager sa monture ! Les oraux, d'autres épreuves écrites peuvent approcher. Donc les trois premiers conseils sont à appliquer dans le cadre d'un programme équilibré, comme un philosophe prescrit ses prédicats (prédicaments ?! sic !) dans une vision du monde donnée, comme un médecin impose un médicament dans le cadre d'un régime équilibré. Sinon, on s'effondre. 

5 : Ton "paquetage" tu vérifieras : Pas d'actes manqués ! On observe toujours des candidats oubliant une convocation, une pièce d'identité, une boisson… On vérifie la veille et on ait vérifier par un proche si tout le nécessaire est là ! Le candidat arrive sur le lieu d'une opération, comme un soldat au combat (oui, c'est aussi un travail au sens latin du terme). Il faut donc avoir toutes ses armes ! L'effaceur / blanc en est un aussi bien que sa clairvoyance de jeune adulte prêt à se heurter aux enjeux contemporains de nos sociétés dans un IEP. 

6 : Ton bien-être tu préserveras : Pas d'actes manqués (bis) ! De même, certains arrivent en retard, sont inquiets, s'effondrent face au stress. On part en avance et on arrive bien avant l'heure de l'épreuve sur les lieux. On fait tout ce qui peut rassurer : repérer les lieux en amont, venir avec ses amis qui passent (ou pas !) les épreuves… Les gris-gris ne sont pas interdits (la superstition est aussi une forme d'auto persuasion, autant l'utiliser aussi dans le bon sens !). On s'habille comme on se sent bien pour être à l'aise pour composer. Bref, on se recrée une petite bulle pour se sentir au mieux pendant la petite journée des épreuves. 

7 : Les méthodologies tu privilégieras : Encore une fois, le concours est là pour sélectionner des apprenants, et non des candidats à confronter immédiatement à la professionnalisation. Les connaissances encyclopédiques ne sont pas forcément utiles et peuvent se retourner contre un candidat s'il n'a su les maîtriser en amont par une bonne préparation. Pour des épreuves relativement courtes allant d'1h à 3h, la capacité à problématiser, à définir des cadres précis et à hiérarchiser des arguments essentiels et synthétiques clairs priment. Là aussi, les correcteurs aussi ont l'IA et n'ont pas besoin d'un cumul d'exemple sans progression intellectuelle. 

8 : Les stratégies gagnantes tu adopteras : Au cours de sa scolarité, de sa préparation et / ou avec sa maturité, on a appris à se connaître avec ses forces, ses faiblesses. Désamorcer les secondes pour parier sur les premières est une qualité essentielle pour se concentrer sur les attendus des jurys de correction. Inutile de vouloir tout faire parfaitement, mais montrer qu'on serait capable de reproduire tel mouvement argumentatif ou tel recul critique pour interroger le monde actuel, ce que l'on peut faire dans des moments essentiels d'une copie, c'est ce qu'on attend d'un futur étudiant en première année. Il faut apprendre à renoncer à l'exhaustivité. 

9 : Jusqu'au bout tu iras : Philosophie de série TV ? Peut-être… Mais qui renonce à une épreuve après être parti sur un mauvais chemin sans essayer de se rattraper, qui bâcle par stress ou par excès de perfectionnisme s'exclue généralement. Dans une TV novelas, une vieille domestique dirait à la jeune héroïne dans une mauvaise passe et cherchant la fuite que c'est en refusant de jouer selon les règles qu'on nous donne qu'on échoue quelque par dans la vie, qu'on se ferme aux possibilités de cette dernière !  

10 : Tu reliras encore et encore : C'est un peu le prolongement du dernier point. Le succès du Concours commun par rapport au recrutement de Sciences Po Paris en termes de recrutement des candidats ces dernières années est d'avoir maintenu de vrais écrits, ce qu'a fini par accepter la nouvelle administration. Les IEP - Sciences Po sont des écoles françaises où l'on parle et écrit cette langue somme toute en recul relatif, mais qui redevient de plus en plus un critère de sélection essentiel puisque les dernières classes d'âge sont touchées par un déclin de cette compétence. Donc on écrit simplement (phrases courtes, au présent, mais bien articlées avec des connecteurs logiques… Bref, tout ce qui a été vu en préparation !) et on se relit jusqu'aux derniers instants pour ne pas braquer certains jurys qui peuvent avoir la dent encore plus dure que d'autres ! 

Ainsi on peut se dire que l'on a fait tout ce que l'on pouvait, et ce sentiment est essentiel après avoir fourni des efforts, des ressources, du temps… pour mener à bien ce projet d'orientation. 

Le mot de l'équipe :

"Winter is coming" pour les passagers clandestins qui jouaient la pression sur les notes du cycle terminal pour un dossier à même de réussir l'admission à Sciences Po. Paris. L'Institut a pâti de cette décision, certains ne souhaitant même plus participer aux oraux ! Le retour de l'écrit, de la culture générale, intervient logiquement dans un contexte de fortes tensions internes particulièrement du fait de la situation au Proche-Orient. 

  

Nos conseils : 

La préparation doit être considérablement revue ! Le fameux balancier générationnel fait un bon vers une valorisation du classique : culture générale, dissertation, rigueur. Jean-Michel Blanquer aurait-il été en avance sur son temps ? Certains en font déjà la blague... Cela a impact sur :

  • Les admissibles de cette année qui vont essuyer les "plâtres" du retour de certains types de questions 

  • Les Premières de cette année, qui sont menés à revoir leur vie scolaire, leurs engagements (il ne s'agit pas de tout arrêter, loin de là ! La réforme adapte, l'organisation ne désapprend pas si on réfléchit en terme sociologique), leurs actions de préparation !

  • Les Secondes peuvent anticiper de même 

  • Les Terminales de cette année peuvent espérer pouvoir revenir, s'ils n'intègrent pas, l'année prochaine, mais cela exige là encore des actions claires en vue e l'orientation à court terme ! 

Première - Bac+3

Sciences Po. Paris réforme ses modes d'admission 

Le Parisien 

Société

« Chaque incident est sanctionné » : à Sciences-po, Luis Vassy a repris en main l’école des élites

Par Frédéric Gouaillard et Thomas Poupeau

À sa fenêtre donnant sur la cour arborée de l’école fondée il y a 152 ans, qui a vu passer une flopée de présidents et forme les dirigeants de demain, le directeur Luis Vassy, élu il y a six mois, savoure un calme retrouvé. Il y a un an, des CRS avaient dû déloger des étudiants mobilisés en faveur de Gaza, une première, sur fond de soupçons d’antisémitisme après un rassemblement le 12 mars. Le directeur d’alors, Mathias Vicherat, avait démissionné le lendemain, après des accusations de violences conjugales. Objectif de Luis Vassy : remettre de l’ordre. Mais ce n’est pas tout, insiste-t-il. Nouveau concours, création d’une école du climat, finances… L’ex-diplomate présente le nouveau visage de l’école d’élite.

Il y a quelques jours, une pétition de soutien a été publiée en ligne. Le directeur de Sciences-po que vous êtes en a-t-il besoin ?

LUIS VASSY. Je suis heureux que le projet que je défends et la trajectoire que je souhaite pour Sciences-po soient soutenus. J’ai le sentiment que cette dernière est très largement comprise et je me réjouis que certains l’expriment avec leurs mots. Pour Luis Vassy, Sciences-po est «un campus extrêmement calme où il fait bon vivre. Il y règne une grande émulation intellectuelle».

Trois étudiants ont été suspendus un mois pour avoir perturbé une réunion en février, et vous aviez déjà exclu quatre étudiants au début de votre mandat. Est-ce la politique que vous entendez mener vis-à-vis des perturbateurs ?

Ce que je souhaite, c’est que Sciences-po continue d’être l’école de la démocratie. Mais pour que ça puisse fonctionner, tout le monde doit respecter un cadre. Ce sont ces règles de bon sens qu’on essaie de faire exister, et quand les manquements sont graves, il peut y avoir des mesures conservatoires. Heureusement, c’est rare.

Pensez-vous que la sérénité est revenue à Sciences-po ?

C’est un campus extrêmement calme où il fait bon vivre. Il y règne une grande émulation intellectuelle. Mais il y a encore quelques étudiants, ponctuellement, qui sont dans une logique différente. J’espère que nous atteindrons un consensus absolu.

Qui visez-vous ? Les membres de l’Union étudiante, syndicat classé à gauche ?

Je ne veux nommer personne. Mais je reçois énormément de messages d’étudiants qui me remercient de ce que je fais, car leur propre liberté d’expression peut être réduite par des mouvements plus radicaux dans leur expression. L’apaisement est dans l’intérêt de tous. (...)

Confirmez-vous le retour des écrits d’admission en 2026 ?

Oui. Il s’agira d’une seule épreuve sur les standards de nos grands homologues internationaux, et ce ne sera pas le retour de la dissertation de culture générale. (...)

Quelques éléments présentés ci-dessus dans Le Parisien du 27 mars dernier (extraits - fautes non retirées). Pour une présentation plus exhaustive de la réforme, notre réunion d'information est conçue pour ce faire… 

Le mot de l'équipe :

Il est bel et bien fini le temps du "wokisme" (on prend ici son terme usité, non son sens universitaire) pour faire passer un oral ou un entretien au mieux dans la vieille institution du 27, rue saint Guillaume. Plus que jamais, alors que la nouvelle administration de L. Vassy tente de réparer l'image écornée de l'Institut et même de la FNSP, laquelle ne fut guère aidée par sa "discrète" (?) présidente, les candidats doivent prendre conscience que l'aura sociale d'une institution n'est pas neutre dans son processus de recrutement...  Le texte issu de l'administration et de la FNSP que n'aurait certainement pas renié l'ancien Doyen d Collège Universitaire est sans aucun doute à porter a profit de l'Institut. Mais les candidats doivent bel et bien en tenir compte !

Nos conseils : 

N'hésitez pas à poser vos questions à notre référent Sciences Po ou vos enseignants !

Ces dernières années, lors des oraux, la chasse aux "freaks" comme en témoignait un Directeur de Campus de Paris était devenue risible. Revenons aux fondamentaux, et à la réflexion ! 

Première - Bac+3

Sciences Po - Terminale 

Les IEP entre blocages, débats... et polémiques

Le mot de l'équipe :

Il est évident que la préparation et le passage des oraux que ce soit dans le cadre des masters (période quasi achevée) et de l'entrée au Collège Universitaire est pénible et stressante... Les mouvements sociaux et politiques liés au conflit Israël - Hamas ne font que renforcer le stress.

Bien évidemment, il est nécessaire de suivre l'activité de l'IEP ou des IEP que vous souhaitez intégrer précisément, quand bien même votre oral peut n'être aucunement touché s'il se déroule en distanciel. Néanmoins, bien des jurys posent déjà des questions types qui sont tout sauf inadéquates :

  • Votre opinion ? (à Sciences Po, on pense le monde)

  • Quels sont les événements récents du campus, de l'école, du cursus visé ? (un candidat bon est un candidat renseigné)

  • Quelle est votre position ? (vous aspirez à décider ? Alors tranchez !)

  • Pourquoi cette opinion ? (argumentez, montrez vos connaissances d'appui, sur quels concepts et repères vous repérez-vous ?)

  • Quelles solutions ? (peut-être plus pour des Master, la capacité à diriger...)

Conseils :

  1. Plus que jamais, lors des simulations, s'entraîner sur cette part du débat

  2. Suivre les articles des sources que vous suivez habituellement

  3. Voir les prises de position de professeurs, de chercheurs... des institutions avec lesquelles vous allez peut-être échanger lors de votre entretien de motivation - intégration !

  4. Plus que jamais sur ce point, revenir aux cours, aux associations, aux repères que vous avez intégré ou que vous souhaitez recueillir dans le cadre du cursus pour pouvoir éclairer une position sans fuir, peut-être sans radicalité inutile ou jusqu'au-boutisme qui nuirait sans doute à votre image, mais avec détermination : ici, impossible de botter en touche ou de faire une réponse "de normand" !

  5. Sans en avoir l'air, rebondir assez vite, dès qu'on le peut, sur soi, son profil, son parcours, en comparant avec une expérience vécue proche... et laisser de côté (sans en avoir l'air), les charbons ardents.

Exemple : article de constat sur les divisions :

Article :  Le Parisien (site web) - Elsa Mari - Edition principale - lundi 29 avril 2024

« Nous sommes les grands oubliés » : après les polémiques à Sciences-po, les professeurs montent au créneau

Les étudiants crient leur colère; les politiques, leur indignation. Entre les deux, une voix reste silencieuse. Celle des professeurs de Sciences-po Paris. Ils en ont, pourtant, des choses à dire, sur l'agitation qui secoue la maison de la rue Saint-Guillaume. « Nous sommes les grands oubliés », regrette un enseignant frustré. L'école des élites, perturbée mercredi par des étudiants mobilisés en faveur du peuple palestinien, a encore été bloquée ce vendredi par une poignée d'élèves. Occupation du bâtiment, sit-in dans la rue, heurts - vite contenus par la police - avec les manifestants pro-Israël, présence des députés LFI écharpeen bandoulière, accusés de souffler sur les braises. Le Premier ministre, Gabriel Attal, a dénoncé « un spectacle navrant », et le mode d'action estudiantine, commenté tout le week-end, divise même la gauche. Un seul clan semble uni.

La dizaine de professeurs que nous avons interrogés s'accordent à dénoncer « un emballement médiatique ». « On a l'impression d'une mobilisation massive alors qu'une grande partie des étudiants ne soutient pas les blocages », constate Franck Jacquet, professeur en sciences politiques. De fait, seule une centaine d'élèves du campus parisien - sur les 2 000 - s'est mobilisée. Pas un « bunker islamo-gauchiste » Ce décalage total entre le « récit fantasmé », selon lui, des événements et la réalité de terrain horripile Jacques Généreux, maître de conférences d'économie et soutien de Jean-Luc Mélenchon, le leader de LFI, dont il avait rédigé le programme économique pour la campagne présidentielle de 2017. « On voudrait laisser croire qu'il y a une transposition de la guerre sur nos campus, c'est faux ! » Sur le fond, rien de plus normal, dit-il, à ce que les élèves s'engagent contre le massacre des Gazaouis. « On parle d'un drame mondial et historique. Heureusement que notre jeunesse se révolte ! » Ce vendredi, Jacques Généreux, présent rue Saint-Guillaume, n'a observé « aucune insulte antisémite ni violence ». « Il y avait juste une rangée de CRS casqués et beaucoup d'étudiants assis par terre. » Depuis la guerre du Viêt Nam, les étudiants ont toujours été à la « pointe du combat contre l'injustice, abonde Bertrand Badie, qui a exercé quarante ans à Sciences-po. Ils sont plus sensibles aux souffrances du monde que d'autres catégories sociales, plus repliées sur leur quotidien. » « Quand j'entends dire que l'école serait devenue un bunker islamo-gauchiste, j'en tombe de ma chaise ! »

Depuis plusieurs mois, le débat fait rage : Sciences-po s'est-elle radicalisée ?Mi-mars, une étudiante juive aurait été empêchée d'accéder à une conférence pro-Palestine. Les organisateurs se défendent d'antisémitisme mais l'incident, qui nourrit la suspicion autour de l'école prestigieuse, est remonté à l'Élysée. « Il est intolérable qu'il y ait du séparatisme dans la République et à Sciences-po », s'est étranglé Emmanuel Macron. Le gouvernement a d'ailleurs saisi le procureur de la République et une enquête administrative est en cours. La fin du blocage de vendredi a été décrétée après l'annonce d'un accord entre les étudiants, menés par le Comité Palestine, et la direction. Les premiers demandent « la fin des partenariats avec toutes les entités (universités, entreprises) jugées complices de l'oppression systémique du peuple palestinien. »

La direction promet une réunion publique ouverte « à toutes les communautés de Sciences-po » d'ici à jeudi. Sciences-po : « Il n'y aura jamais de droit au blocage », affirme Attal Les élèves mettent-ils la pression sur l'institution ? « Je crains que le rapport de force n'évolue au détriment de la direction et des professeurs », confie Franck Jacquet, qui admet s'interroger sur « le climat qui règne à Sciences-po Paris ». « L'image qui est renvoyée de notre maison est injuste et désolante » Certains sujets, dit-il, comme le conflit israélo-palestinien, sont devenus trop polémiques. « Au fil des années, les élèves de licence font de moins en moins la différence entre le temps de l'analyse et le militantisme. Lorsqu'on aborde les massacres du 7 octobre, certains rétorquent aussitôt que l'intervention israélienne a fait bien plus de morts à Gaza. On a tendance à passer vite sur le sujet pour éviter ces débats. »

D'autres professeurs, comme Laurent Gayer, évoquent a contrario des « échanges riches et matures »: « Jamais je n'ai senti la moindre tension communautaire entre les étudiants ! » Quant à leurs revendications auprès de la direction, il s'agace : « Ils en ont parfaitement le droit. Celles-ci vont donner lieu à un débat au sein de l'institution. » Comme lui, les professeurs regrettent que l'on adore « taper sur Sciences-po ». Une responsable des programmes s'en désole : « L'image qui est renvoyée de notre maison est injuste et désolante. »

Réfléchissez, lisez, appuyez-vous sur les bonnes sources, mais musclez vos arguments et prenez position !

Sciences Po - Concours commun

R. Rampnoux (dir.), Le corps, Ellipses, Paris, 2025.

Ellipses produit désormais avec Atlande les meilleurs manuels de préparation aux concours Sciences Po, notamment pour les Questions contemporaines. Pour la deuxième année, "le corps" est au programme et dans quelques semaines sera connu le second thème. René Rampnoux réunit chaque année une communauté de collaborateurs pour proposer des plans, des dissertations, des documents, des références, des fiches d'ouvrage et autres éléments pour préparer pleinement la thématique.

Les enseignants préparateurs et correcteurs, dont certains sont membre de l'équipe, connaîtront dans quelques jours le nouveau thème pour rédiger en juin leur contribution, dont Franck Jacquet et Nathalie Fagot.

Lien vers les éditions Ellipses :

https://www.editions-ellipses.fr/accueil/15401-concours-commun-iep-2025-9782340093898.html

Terminale - Bac+1